Peintre d'origine genevoise, Alfred
Rehfous s'est éteint à Saillon en 1912. Né en 1860, il étudie les
beaux-arts dans sa cité natale, puis poursuit sa formation
artistique à Paris. Son style sera influencé par son maître
Barthélemy Menn; il partagera son atelier avec le grand Ferdinand
Hodler et recevra une médaille d'or à l'Exposition Universelle de
Paris en 1900. Il décide ensuite de s'établir en Valais, notamment
à Savièse, puis à Saillon où il loue une antique demeure au centre
du bourg médiéval.
Grand, fort, la carrure imposante,
les cheveux bouclés, il avait horreur de ce qui manquait de
sincérité et aimait par-dessus tout la liberté. Sa personnalité
était empreinte d'une noblesse aristocratique, caractère qui se
reflète dans son oeuvre.
On le voyait, dès les premières
lueurs du jour, avec son mulet, près de la porte des Bourneaux,
partir à la découverte de tout ce qui pouvait réjouir l'oeil d'un
peintre et toucher l'âme du poète: nos rochers calcaires émergeant
de la plaine marécageuse, nos îlots couverts d'oseraies parmi les
bouillonnements de la Sarvaz, les restes de notre château féodal,
nos carrières de marbres antiques aux tons éclatants.
Catalogué parmi les peintres de
l'«Ecole de Savièse», appellation discutable, Alfred Rehfous
possède une palette d'une préciosité rare et d'une finesse
somptueuse.
La seule rétrospective des toiles
d'Alfred Rehfous s'est déroulée à Genève, au Musée Rath, une année
après sa mort... en 1913.
Claudy Raymond
